Athos et Robert à l’ouverture du Perdreau. J.-Y. Fouillet, 2012.
Une contribution de Aurélien Fouillet
Le mythe du bain de Diane, qui raconte comment le chasseur Actéon surprit la déesse au cours de sa toilette, témoigne des dimensions érotique et sociétale de la chasse. Puissance de liaison ambivalente de cette activité ancestrale : Actéon transformé en cerf finira dévoré par ses chiens qui ne le reconnaissent plus. La venaison est une invitation à la cuisine et aux repas de fêtes, même si les chasseurs se camouflent toujours pour ressembler aux gibiers qu’ils trompent. La déesse aurait-elle abandonnée ses bois ? Puis, la table : perdreaux au lard et aux choux, faisans en cocotte, bécasses à la broche, sauce au lièvre, pigeons à la royale, autant de goûts et d’odeurs qui se mêlent aux conversations et aux échanges des banquets dominicaux. Socialité silencieuse propre aux activités telluriques, la chasse révèle ces imaginaires duels des prédateurs crépusculaires, hommes et bêtes, mangeant et mangés.
plus