Une contribution de Distant Memories, Claudia Attimonelli
Célébrant la modernité des machines dans le son de la techno, Distant Memories scelle l’hybridation irrésistible du métal et de la chair fascinés par la grande vitesse d’un voyage perpétuel et circulaire, où l’asphalte et les lignes de force entraînent les pilotes dans l’enchantement de la course. Le futurisme se surpasse dans l’automobilisme postmoderne.

Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive [...] est plus belle que la Victoire de Samothrace, Filippo T. Marinetti, Manifeste du Futurisme, Le Figaro, 20 février 1909.

Automotive, cette ode post-futuriste au mouvement, au temps et à la technologie, a pour moteur des musiques électroniques comme lancées dans la course répétitive des circuits automobiles, où les voitures effectuent un étrange parcours… plutôt, c’est leurs pilotes qui entreprennent un voyage post-humain, où la grande vitesse et les technicités requises pour conjurer les dangers des divers tracés s’unissent pour défier les limites séparant les êtres humains des machines. L’hommage à la Porsche 956c Rothmans est explicite dès le titre des différents morceaux, ainsi que la référence à trois segments de circuits européens bien connus pour être techniquement périlleux : Le Mans, Spa-Francorchamps et Nürburgring.

« Nous voulons chanter l’amour du danger, l’habitude de l’énergie et de la témérité. (…) Nous déclarons que la splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse », Filippo T. Marinetti, Manifeste du Futurisme , Le Figaro, 20 février 1909.

Le périple d’Automotive s’ouvre sur « Les Hunaudières », longue ligne droite où les bolides et les beats filent à toute allure, fonçant inexorablement vers la ligne d’arrivée. À chaque virage du circuit, les chicanes ralentissent les moteurs – le son s’interrompt alors – mais ceux-ci repartent de plus belle et accélèrent, indomptables, tandis que murmure en sourdine, vers la toute fin, le rugissement originel de la Porsche 956c de 1983.

Le deuxième morceau, « Eau Rouge », évoque la rivière qui traverse le circuit belge de Spa-Francorchamps et donne son nom à un fameux raidillon ; le parcours se développe de manière retorse, avec un enchaînement de virages en montée contraignant les concurrents à des accélérations brèves et soutenues. Les séquences soniques reproduisent le drame de la difficulté et des risques du circuit, courbe après courbe ; les manœuvres vrillent, le volant vibre, et la voiture gravit la pente, chevillée avec la volonté de fer de son pilote.

Enfin vient « Nordschleife », l’un des deux tracés du célèbre circuit allemand de Nürburgring, qui serpente autour du château de Nürburg ; la Boucle Nord est aussi connue comme l’Enfer Vert en raison de ses épuisantes difficultés techniques, de sa longueur et des hautes haies qui la rendaient autrefois encore plus dangereuse. Le morceau évoque le segment fermé en 1976 suite au crash tragique de Niki Lauda. Le circuit rapide et technique de près de 23 kilomètres résonne dans une séquence claire et minimale, où l’on ne décèle pas d’éléments superflus ; le groove est à la fois aigu et doux, chaque sonorité suit docilement les autres, et la partie centrale semble vouloir traduire le triomphe du contrôle humain sur la machine – bien qu’il ait justement échappé au pilote autrichien. Un passage plus lourd interrompt un moment cette fluidité ambiante avant de se dissoudre dans le goulet final et hypnotique, à l’image de l’ouverture du nouveau circuit en 1984, avec la participation du jeune Brésilien Ayrton Senna.

« Je lâche enfin tes brides métalliques... Tu t’élances,
Avec ivresse, dans l’Infini libérateur !... (…)
Plus vite !... encore plus vite !...
Et sans répit, et sans repos !...
Lâchez les freins !... Vous ne pouvez ?...
Brisez-les donc !...
Que le pouls du moteur centuple ses élans !
Hurrah ! Plus de contact avec la terre immonde !...
Enfin, je me détache et je vole en souplesse
sur la grisante plénitude
des Astres ruisselants dans le grand lit du ciel ! »,
La Ville Charnelle, À MON PÉGASE, Filippo T. Marinetti, 1908.

Texte : Claudia Attimonelli
Musique et montage : Distant Memories

Noi vogliamo cantare l’amor del pericolo, l’abitudine all’energia e alla temerità. (…) Noi affermiamo che la magnificenza del mondo si è arricchita di una bellezza nuova: la bellezza della velocità. Un automobile da corsa col suo cofano adorno di grossi tubi simili a serpenti dall’alito esplosivo… un automobile ruggente, che sembra correre sulla mitraglia, è più bello della Vittoria di Samotracia.
Filippo T. Marinetti, Manifesto del Futurismo, Le Figaro, 20 febbraio 1909.

Automotive, un’ode post-futurista al moto, al tempo, alla tecnologia attraverso tracce musicali elettroniche che inseguono il movimento ripetitivo dei circuiti automobilistici. Strano tipo di viaggio quello delle vetture nelle gare automobilistiche, è piuttosto il pilota ad intraprendere un percorso che si va definendo come un viaggio postumano, dove l’alta velocità e i tecnicismi richiesti dal superamento della pericolosità dei tratti, si alleano per mettere alla prova i limiti che sanciscono la distinzione tra esseri umani e macchine. Sin dai titoli delle tracce si esplicita il tributo alla Porsche 956c Rothmans così come il riferimento a tre noti segmenti di circuiti europei considerati tecnicamente pericolosi: Le Mans, Spa Francorchamps e Nürburgring.

Il viaggio di Automotive si apre con Les Hunaudières, il lungo rettilineo dove automobili e beat sono lanciati ad alta velocità così come la traccia che procede inesorabilmente incalzante verso la sua meta. Ad ogni curva del circuito le chicanes fanno rallentare i motori – e lì che sentiamo interrompersi il suono – per poi riprendere terreno e accelerare, inesorabile mentre sul finale sussurra in sordina il rombo originale della Porsche 956c del 1983.

La seconda traccia è « Eau Rouge »: prende il nome dal fiume che scorre sotto il celebre punto del circuito Spa Francorchamps, l’antico autodromo belga; esso presenta uno sviluppo contorto causato da una combinazione di curve destra-sinistra in salita, da percorrere con accelerazioni brevi e sostenute. Le sequenze soniche riproducono il dramma rappresentato dalla difficoltà e dai rischi nell’affrontare il circuito curva dopo curva, si avvitano le manovre, il volante vibra, l’automobile si arrampica insieme alla volontà di ferro del pilota.

Infine giunge « Nordschleife », l’anello del noto circuito di Nürburgring che si snoda intorno al Castello omonimo in Germania, detto anche Inferno Verde a causa delle estenuanti difficoltà tecniche, della lunghezza e delle alte siepi che in passato lo rendevano ancora più pericoloso; la traccia narra di un punto chiuso nel 1976 in seguito al grave incidente occorso a Niki Lauda. Una pista veloce, tecnica e lunga quasi 30 chilometri risuona in una sequenza pulita e minimale, dove non si avvertono elementi superflui, il groove è al contempo morbido e acuto, ogni sonorità segue gentilmente le altre. La porzione centrale sembra voler imitare il trionfo del controllo umano sulla macchina. Proprio ciò che non fu possibile al pilota brasiliano che si schiantò tragicamente. Un verso greve fa da contrappunto alla fluidità prima di sciogliersi nella ipnotica stretta finale.
Celebrando la modernità delle macchine attraverso il suono della techno, Distant Memories suggella l’ibridazione irresistibile del metallo con la carne, avvinti dall’alta velocità in un viaggio perpetuo e circuitale, dove asfalto e linee di forza conducono i piloti nell’incantesimo della corsa. Il futurismo si sorpassa nell’automobilismo post-moderno.

Allento finalmente
le tue metalliche redini,
 e tu con voluttà ti slanci
 nell’Infinito liberatore!
Più presto!... Ancora più presto!... 
E senza posa, né riposo!...
Molla i freni! Non puoi? 
Schiàntali, dunque, 
che il polso del motore centuplichi i suoi slanci!
Urrrrà! Non più contatti con questa terra immonda!
Lussuria e Velocità, Filippo T. Marinetti, 1921.

Tracce e montaggio: Distant Memories
Testo: Claudia Attimonelli

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