Une contribution de Mustafa Sabbagh, Claudia Attimonelli
L’entrée dans la nuit de Mustafa Sabbagh n’est pas simplement noire, elle est spongieuse, sombre, profonde, s’immisçant sur une surface brillante et aveuglante. Les corps semblent gémir impassiblement, tirés par les cheveux, par le bout des vêtements, attirés par la pointe sale des orteils, nous pénétrons l’intérieur tandis qu’une fumée invisible corrompt l’air. L’odeur âcre du plaisir et de la peur devient chair rose et blond doré. La photographie n’attrape plus la lumière, elle ne voit que le bas extrême de la pupille noire comme celui d’un saint aveugle et pénètre l’œil. La photographie tombe au sol, tremblante. La lumière revient, mais il fait sombre et personne n’a honte de ce qu’il veut. Tous ceux qui se trouvent dans cette obscurité incompréhensible et irréductible l’ont ardemment désiré. D’un rêve nocturne, le regard de Sabbagh en fait un passage. Entre mille couleurs, le noir, le vert, le silence.
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