Une contribution de Jean-Marie Steinlein
Personnages terrifiants et cornus, rencontrés au cœur de l’hiver en Europe, ces croque-mitaines font leur apparition à des époques bien précises du calendrier. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, lorsqu’ils accompagnent Saint-Nicolas ; pendant les douze jours qui séparent Noël de l'Epiphanie, lorsque l'année vieillie rajeunit à travers les mascarades et les rites d'inversion du quotidien ; enfin, durant le cycle plus connu de carnaval. Partout, la ritualisation du même cycle saisonnier, quand les Diables se joignent aux porteurs de crèches au nord de la Roumanie ; quand la mort guette sa proie, prête à couper une tête de sa faux en Pologne ; quand les masques animaliers bulgares confectionnés en grand secret sont "révélés" lors des grands rythmes organisateurs de la vie rurale. Partout cette même peur venue du fond des âges se décline de diverses manières, mais les masques véhiculent les mêmes pulsions. Leurs formes sont multiples. Ils peuvent dissimuler, métamorphoser ou terrifier.
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