Une contribution de Aurélien Fouillet, Alexandre Prouvèze
Photographies de Michaël V. Dandrieux
Johan Huizinga (1872-1945) est le premier à nous interpeller sur la dimension culturelle fondamentale du jeu. L'homo ludens dépassant la condition de l'homo faber, tout autant que celle de l'homo sapiens. Il nous met en garde contre une erreur courante : "Dans le jeu joue un élément indépendant de l'instinct immédiat de la conservation, et qui prête à l'action un sens". Autrement dit, le jeu est superabundans. Son existence affirme radicalement l'agencement particulier du présent dans l'ordre du monde. "Les animaux peuvent jouer : ils sont donc déjà plus que des mécanismes. Nous jouons, et nous sommes conscients de jouer : nous sommes donc plus que des êtres raisonnables, car le jeu est irrationnel".
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