Une contribution de Alberto Abruzzese
Photographies de Michaël V. Dandrieux
Le civilisé a besoin du barbare pour survivre et pour se renouveler. Pour être violent et instinctif, quand il le faut. Cruel, quand c’est inévitable. Bon sauvage, quand la vie civilisée devient bornée. Âme simple, quand il est fatigué de son savoir. Délire, quand sa raison l’encombre. Il en a besoin pour se purifier avec les flammes des dragons, ou bien avec des éléments primordiaux de la nature, là où l’humain vient de se détacher de la terre et de la bête. Il en a donc besoin pour être ce qu’il veut être. Et ce besoin a été vital au point d’en inventer une figure. Et au point de la placer là où elle était instrumentale : aux limites du Royaume, dans la Maison, dans le Moi, dans les formes mêmes du désir.
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