Toute époque a ses hauts lieux, toute société se rassemble autour de certaines surfaces privilégiées, toute culture s’incarne en des espaces bien distincts. Cavernes, pilotis, catacombes, agoras, amphithéâtres, chemins de crètes et anfractuosités, chemins des villages et avenues des villes, terrasses des cafés et passages, écrans des médias : longue est la liste des formes qui accueillent, au fil des siècles, nos diverses manières d’habiter le monde. Comprendre ces dimensions primordiales de la vie est un enjeu fondamental pour qui souhaite saisir l’imaginaire qui préside à chaque condition historique – ses pratiques et ses mythes, ses rêves et ses hantises, ses mots incantatoires et ses fétiches. Qu’en est-il de notre époque ? Quelle est la matrice spatiale prédominante de notre sensibilité collective ? Dans quel lieu la société vient-elle se reconnaître ? Si la “grand place” a été le berceau de la modernité occidentale, où peut-­on trouver son équivalent contemporain ?
Artistes, designers et sociologues en font l’expérience chaque jour ; romanciers, photographes et réalisateurs s’en inspirent sans cesse ; chercheurs de tendances, architectes et publicitaires l’ont compris depuis longtemps ; les éclats de la mode, luxe et underground confondus, sont sa caisse de résonance : c’est dans la rue que semblent prendre place à la fois les changements culturels, les vibrations émotionnelles et les grouillements sociétaux les plus marquants de ce début de millénaire.
Le succès des nuits blanches et des défilés urbains, de la Love parade à la Techno parade en passant par la Gay pride, en montrent l’aspect festif ; la vitalité des marchés, des vides greniers et des brocantes comme le retour aux rues commerçantes aux dépens des centres commerciaux soulignent la synergie qu’elle sécrète entre le commerce des affects et celui des biens ; la prolifération du s​treet food,​ des pique­-niques, des dîners en blanc et d’autres manières de manger en marchant la transfigurent en table à ciel ouvert ; le triomphe du street art, du hip hop et du rap sont les signes flagrants de sa puissance esthétique entre joie de vivre, anomie et subversion ; la géolocalisation, les réseaux sociaux et les “street views”, ainsi que toutes les innovations liées à la ville augmentée la poursuivent et l’amplifient. Si la rue a été de tous temps un espace de rencontre, un lieu public, elle est désormais aussi un lieu de vie privée de même qu’elle pénètre, sous diverses formes, dans les intérieurs. La rue est la scène par excellence de la vie quotidienne. Lieu total où tout conflue : ­ richesse et pauvreté, crimes et distractions, mendiants et dealers de drogue, fous et prédicateurs, jongleurs et politiques, prostituées et hipsters ;­ laboratoire où la mode se renouvelle, territoire où l’énergie sociale circule, espace où se déploient les libertés de la nuit, le tragique de la vie et les emplettes du jour, la rue est le théâtre d’un monde où œuvres et spectateurs, sujets et objets, villes et corps, avant­-gardes et masse, intime et extime se mélangent.
De quels rapts amoureux et de quels complots les plaques des rues conservent-elles le secret ? Scientifiques, savants, chercheurs en toutes disciplines, urbanistes et architectes, designers et graphistes, musiciens, poètes, conteurs, dramaturges, peintres et photographes, dites-nous ! Qui sont, parmi les passants, les flâneurs, les dandys, les clochards, les cyclistes, les performers et toutes les figures de l’ordinaire et de l’extravagance, les nouveaux protagonistes de cette rue à la fois matérielle et immatérielle, sensible et onirique, physique et électronique ? De quels environnements, de quelles ambiances et de quelles tragédies sont-ils la cause et l’effet ? Quel est le texte de leurs vies ? De quel vivre-ensemble annoncent-ils la naissance ? Pour son 8e numéro, les Cahiers vous invitent à respirer l’air chargé de miasmes de la rue et l’air de la ville qui rend libre.

Les règles du jeu

  • Les propositions de contributions sont à envoyer, avant le 24 juin 2015, via le formulaire de souscription ici : www.lescahiers.eu/blog/call-for-papers-cei8-la-rue
  • Nos articles tirent entre 3000 et 24000 signes (espaces compris). Si vous nous donnez une prévision, cela nous aidera à vous trouver la meilleure place dans la revue.
  • Pour les propositions graphiques (photos, dessins, illustrations...), décrivez bien la technique et le format. Nos pages mesurent 200x265mm.
  • Le comité de rédaction avisera les contributeurs de l’acceptation de leur proposition, avant d'entamer le travail d'édition, après l'évaluation des contributions le 25 juin 2015
  • Les contributions finales devront être rendues au plus tard le 30 septembre 2015. Les préconisations éditoriales seront envoyées avec l’acceptation de la proposition.

Every era has its focal points, every society gathers around chosen surfaces, every culture is embodied by distinct types of places. Caves, piles, catacombs, agoras, amphitheatres, crests and crevices, village paths and city avenues, terraces and passages, media screens... throughout the centuries, humankind has found many ways to inhabit the world. Understanding this primordial dimension of life is a fundamental stake for those who seek to grasp the zeitgeist presiding over every historical condition – its practises and myths, dreams and fears, incantatory words and fetishes. What about our time? How can we best describe the prevailing spatial matrix of our collective sensitivity? If the central city square has been the cradle of western modernity, where can its contemporary equivalent be found?
Artists, designers and sociologists experience it every day. Novelists, photographers and film-makers draw endless inspiration from it. Trendsetters, architects and advertisers have long understood it. The sparkle of fashion, be it luxury or underground, is its echo chamber. The most important changes in culture, emotional vibrations and societal milling in this beginning of millennium... have happened in the street.
The success of “nuits blanches” and urban parades, from Love and Techno parades to the Gay pride, are evidence of the festive aspect of the street. The vitality of markets, car boot sales and flea markets as well as the comeback of shopping streets at the expense of shopping centres underlines the synergy secreted between the commerce of affects and that of goods. The proliferation of street food, picnics, dinners in white and other ways of eating while walking turn the street into an open-air table. The triumph of street-art, hip hop and rap are the obvious signs of its aesthetic power, between love of life, anomie and subversion. Geolocation, social networks and “street views”, as well as all innovations related to the augmented city extend and amplify it... The street has always been a place of meeting, a public space, yet it is also more and more a private place, just as it penetrates, in various forms, our interiors. The street is the ultimate stage of everyday life, a total place where everything converges: wealth and poverty, crime and leisure, beggars and drug dealers, madmen and preachers, jugglers and politicians, prostitutes and hipsters. It is a laboratory where fashion renews itself, a territory where social energy moves, a space where freedoms of the night deploy, the tragedy of life and the day's purchase. The street is the theatre of a world where works of art and spectators, subjects and objects, cities and bodies, avant-gardes and masses, intimacy and public life mingle.
What secret kisses and plots have left their mark on street plaques? Scientists, savants, researchers in all fields, urban planners and architects, designers, musicians, poets, storytellers, playwrights, painters and photographers, tell us! Passers-by, wanderers, dandys, bums, cyclists, performers and other figures of the ordinary and the extravagant: who are the new protagonists of the street? Streets are both material and immaterial, sensitive and dreamlike, physical and electronic. They are cause and effect of new environments, atmospheres and tragedies. Streets have of life of their own, and write a text of their own. Streets foretell the birth of new forms of social harmony: what are they? In its 8th number, the Cahiers invite you to breathe the air of the street, loaded with miasma, and the air of the city, that sets you free.

Ogni epoca ha i suoi luoghi prediletti, ogni società si coagula attorno a determinate superfici, ogni cultura s’incarna in spazi specifici. Grotte, palafitte, catacombe, agorà, anfiteatri, gole e creste, sentieri, metropolitane, caffetterie, passages, schermi: è lunga la lista delle forme che hanno ospitato, nel corso dei secoli, i nostri differenti modi di abitare il mondo. La comprensione di tali dimensioni fondamentali della vita è una questione essenziale per tutti coloro che desiderano accedere all'immaginario che governa ogni condizione storica – le sue pratiche e i suoi miti, i suoi sogni e le sue ossessioni, i suoi incantesimi e i suoi feticci. E il nostro tempo? Qual è la matrice spaziale predominante della nostra sensibilità collettiva? In quale luogo la società giunge a riconoscersi? Se la "piazza" è stata la culla della modernità occidentale, quale può essere il suo equivalente contemporaneo?

Artisti, designer e sociologi lo sperimentano tutti i giorni; romanzieri, fotografi e registi vi si ispirano incessantemente; ricercatori di tendenze, architetti e pubblicitari lo hanno capito da tempo; i cambiamenti della moda, dal lusso all’underground, sono la sua cassa di risonanza: è nella strada che sembrano trovare spazio, allo stesso tempo, i cambiamenti culturali, le vibrazioni emozionali e il brulichio societale più significativi di questo millennio.

Il successo delle notti bianche e delle sfilate urbane, dalla Love Parade alla Techno Parade, passando attraverso il Gay Pride, ne mostrano l’aspetto festivo; la vitalità dei mercati, delle svendite e dei mercatini sottolineano la sinergia di antica memoria tra il commercio di relazioni e quello dei beni; la proliferazione dello street food, dei picnic, delle cene in bianco e degli altri modi di mangiare mentre si cammina la trasfigurano in una tavola all'aria aperta; il trionfo della street art, dell’hip hop e del rap sono i segni evidenti della sua potenza estetica tra gioia di vivere, anomia e sovversione; la geolocalizzazione, il social networking, lo "street view" e tutte le innovazioni legate alla città aumentata, la seguono e la amplificano: la strada è la scena per eccellenza della vita quotidiana, il luogo totale dove tutto avviene e dove tutti accorrono - ricchezza e povertà, crimini e distrazioni, mendicanti e spacciatori di droga, predicatori, folli, giocolieri e prostitute, politici e hipsters. Laboratorio dove la moda si rinnova, territorio in cui l'energia societale circola, spazio per eccellenza del tragico e del ludico, eccoci nel teatro senza pareti di un mondo in cui arte e pubblico, soggetti e oggetti, città e corpo, avanguardia e massa, si uniscono e si ritrovano.

Ricercatori di ogni disciplina, urbanisti e architetti, street artist, designer e grafici, pittori, musicisti e fotografi, a voi la parola! Chi sono, tra i passanti, i flâneur, i dandy, i barboni, i ciclisti, i performer e tutte le altre figure dell’ordinario e dello stravagante, i nuovi protagonisti delle strade di oggi? Di quali ambienti, situazioni e tragedie sono la causa e l’effetto? Di quale vita annunciano la venuta?

Le regole del gioco

  • Data limite invio abstract compilando il formulario a tergo: 20 giugno 2015 : www.lescahiers.eu/blog/call-for-papers-cei8-la-rue
  • Numero battute contributi (da accludere nella proposta editoriale): 3.000 / 24.000;
  • Contributi estetici, grafici, fotografici, pittorici di vario genere: indicare la natura e la tecnica. La dimensione delle nostre pagine è 200x265mm
  • Consegna contributi secondo le norme editoriali che saranno inviate dal Comitato editoriale insieme alla comunicazione dell’eventuale accettazione del contributo: 30 settembre 2015.

Jede Epoche hat ihre Hochburgen, jede Gesellschaft bildet sich auf gewissen bevorzugten Oberflächen, jede Kultur formt sich an ganz bestimmten Orten. Höhlen, Pfählen, Katakomben, Agoras, Amphitheater, Gebirgskämme und Buchten, Landstraßen und urbane Prachtstraßen, Cafés, Gastgärten und Passagen, Bildschirme und Medien : die Liste der Arten und Weisen, wie die Welt, im Laufe der Jahrhunderte, bewohnt wird, ist lang. Diese grundlegenden Dimensionen des Lebens zu verstehen, ist der fundamentale Anspruch für alljene, die das Imaginaire fassen möchten, das jede geschichtliche Bedingung bedingt – seine Praktiken, seine Mythen, seine Träume und Ängste, seine Beschwörungsformel und Fetische. Was ist dies für unsere Zeit? Was ist der dominante räumliche Nährboden unserer kollektiven Sensibilität? An welchem gesellschaftlichen Ort drückt sie sich aus? Wenn der Hauptplatz die Wiege der westlichen Moderne war, wo findet sich sein zeitgenössisches Äquivalent?

Künstler*innen, Designer*innen und Soziolog*innen machen täglich die Erfahrung dieses Ortes; Schriftsteller*innen, Photograph*innen und Regisseur*innen inspirieren sich unerschöpflich an ihm; Trendscouts, Architekt*innen und Werber*innen haben ihn schon lange verstanden; Modeerscheinungen, das Zusammentreffen von Luxus und Underground, sind sein Klangkörper : Es ist die Straße auf der sich der kulturelle Wandel, die emotionalen Schwingungen und das soziale Gewimmel abzuspielen scheinen, die für den Anfang dieses Jahrtausends prägend sind.

Der Erfolg der „Nuits Blanches“ und der Umzüge in der Stadt, von der Love Parade über die Techno Parade hin zur Gay Pride, die ihren feierlichen Aspekt anzeigen; die Lebendigkeit der Märkte, der Floh- und Trödelmärkte, genauso wie das Comeback der Einkaufsstraßen gegenüber den Einkaufszentren, unterstreichen die Synergie, die die Straße zwischen dem Markt der Affekte und dem Markt der Güter schafft. Das Proliferieren von Street Food, von Picknicks und der „Dîners en blanc“ und anderer Formen, des Essens im Gehen, verwandeln sie in einen Tisch an der frischen Luft. Der Hype um Street Art, HipHop und Rap sind markante Zeichen ihrer ästhetischen Kraft zwischen Lebensfreude, Anomie und Subversion. Geolokation, die sozialen Netzwerke und „Street View“, genauso wie Entwicklungen in Richtung „Augmented Reality“ verstärken diese Kraft.

Während die Straße immer ein Ort der Begegnung und ein öffentlicher Raum, war, ist sie nun auch ein Privatraum und sie dringt in diversen Formen auch in die Innenräume ein. Die Straße ist die Bühne des Alltagslebens par excellence. Der totale Ort, wo alles vereinigt: Reichtum und Armut, Verbrechen und Unterhaltung, Bettler*innen, Drogendealer*innen, Verrückte und Prediger, Jongleure und Politiker, Prostituierte und Hipster. Sie ist ein Labor, in dem sich die Welt erneuert; ein Territorium, wo die soziale Energie zirkuliert; ein Ort, wo sich die Freiheiten der Nacht entfalten, wo die Tragik des Lebens stattfindet genauso wie Alltagseinkäufe. Die Straße ist das Theater der Welt, wo Werke und Zuschauer*innen, Subjekte und Objekte, Städte und Körper, Avantgarden und Massen, das Intime und das Extime sich vermischen. Welche geheimen Küsse und welche Komplotte haben sich in die Straßenschilder eingeschrieben? Wissenschaftler*innen, Denker*innen, Forscher*innen jeder Disziplin, Urbanist*innen und Architekt*innen, Designer*innen und Grafiker*innen, Musiker*innen, Poet*innen, Erzähler*innen, Dramaturg*innen, Mahler*innen und Photograph*innen, sagt es uns! Wer sind die neuen Protagonisten dieser materiellen wie immaterielle, sensiblen und träumerischen, physischen und elektronischen Straße - unter all den Passant*innen, Flaneur*innen, den Dandys, den Clochards, den Radfahrer*innen, den Perfomer*innen und all diesen Figuren des Ordinären und Extravaganten? In welchen Umwelten, Stimmungen und Tragödien sind sie Wirkung und Ursache? Was ist der Text ihres Lebens? Welches neue Zusammenleben kündigen sie an?

Für die 8. Ausgabe, laden Sie die Cahiers dazu ein, jene mit Miasmen gesättigte Straßenluft und die Stadtluft einzuatmen, die frei macht.

Toda época posee sus lugares importantes, toda sociedad se reúne alrededor de ciertas superficies privilegiadas, toda cultura se encarna en espacios bien definidos. Cavernas, pilotes, catacumbas, ágora, anfiteatros, caminos de crestas y anfractuosidades, caminos de pueblos y avenidas de ciudades, terrazas de cafés y pasajes, pantallas de medios: larga es la lista de las formas que albergan, a lo largo de los siglos, nuestras diversas maneras de habitar el mundo. Comprender esas dimensiones primordiales de la vida es una apuesta fundamental para quienes desean comprender el imaginario que preside cada condición histórica - sus prácticas y sus mitos, sus sueños y sus obsesiones, sus palabras cautivadoras y sus fetiches. ¿Qué ha sido de nuestra época? ¿Cual es la matriz predominante de nuestra sensibilidad colectiva? ¿En que lugar la sociedad viene a reconocerse? Si la plaza de centro ha sido la cuna de la modernidad occidental, ¿donde podemos encontrar su equivalente contemporáneo ?
Artistas, diseñadores y sociólogos la experimentan cada día: novelistas, fotógrafos y directores de cine se inspiran de ella sin cesar; buscadores de tendencias, arquitectos y publicistas lo han comprendido desde hace tiempo. Los resplandores de la moda, sin distinción entre lujo y underground, son su caja de resonancia : es en la calle en donde parecieran suceder, al mismo tiempo, los cambios culturales, las vibraciones emocionales y los bullicios societales mas memorable de este comienzo de milenio.
El éxito de las "nuits blanches" y de los desfiles urbanos, de la Love parade a la Techno parade, pasando por la Gay Pride, muestran el aspecto festivo; la vitalidad de los mercados, rastros y mercadillos, así como el retorno a las calles comerciales a expensas de los centros comerciales, resalta la sinergia que la calle segrega entre el comercio de los afectos et el de los bienes; la proliferación de la street food, de los piques-niques, de los diners en blanc y de toda otra forma de comer mientras se camina, transfiguran la calle en mesa a cielo abierto; el triunfo del street art, del hip hop y del rap son signos flagrantes de la fuerza estética de la calle, entre alegría de vivir, anomia y subversión; la géolocalisation, las redes sociales y las street views, así como todas las innovaciones ligadas a la ciudad aumentada, persiguen la calle y la amplifican... Si la calle ha sido siempre un espacio de encuentro, un lugar publico, ella es también, a partir de ahora, un lugar de privacidad, al mismo tiempo que penetra, bajo diversas formas, en la intimidad. La calle es la escena por excelencia de la vida cotidiana. Lugar total en donde confluye: riqueza y pobreza, crímenes y distracciones, mendigos y dealers de droga, locos y predicadores, malabaristas y políticos, prostitutas y hipsters; laboratorio en donde la moda se renueva, territorio en donde circula la energía social, espacio en donde se despliegan las libertades de la noche, lo trágico de la vida y las compras del día, la calle es el teatro de un mundo en donde se conjugan obra y espectador, sujeto y objeto, ciudad y cuerpo, vanguardias y masa, intimidad y extimidad.
¿Cuales son los besos secretos, cuales son los complots que han sido impresos sobre las placas de las calles? Científicos, sabios, investigadores de todas la disciplinas, urbanistas y arquitectos, diseñadores y grafistas, músicos, poetas, cuentistas, dramaturgos, pintores y fotógrafos,¡díganos! Entre los transeúntes, los flâneurs, los dandys, los vagabundos, los ciclistas, los artistas y toda las figuras de lo ordinario y de la extravagancia, ¿quienes son los nuevos protagonistas de esta calle al mismo tiempo material e inmaterial , sensible y onírica, física y electrónica? ¿ de cuales entornos, ambientes y tragedias es la calle causa y efecto? ¿Cual es el texto de sus vidas? ¿De que manera anuncian el nacimiento del “vivir-juntos”? Para su 8vo numero, los Cahiers los invitan a respirar el aire de la calle cargado de miasma y el aire de la ciudad que libera.

Toda época tem o seus hotspots, toda sociedade se reúne em torno de determinadas camadas privilegiadas, toda cultura se materializa em espaços bem distintos. Cavernas, palafitas, catacumbas, agoras, anfiteatros, caminhos de cumes e fissuras, caminhos das aldeias e avenidas das cidades, pátios dos cafés e passagens, telas das mídias: longa é a lista das formas que acolhem, ao longo dos séculos, os nossos diversos modos de habitar o mundo. A compreensão dessas dimensões primordiais da vida é uma questão fundamental para aqueles que desejam captar o imaginário que conduz cada condição histórica - suas práticas e seus mitos, seus sonhos e suas obsessões, suas palavras mágicas e seus fetiches. E o nosso tempo? Qual é a matriz espacial predominante da nossa sensibilidade coletiva? Em que lugar a sociedade vai se reconhecer? Se a praça central foi o berço da modernidade ocidental, onde podemos encontrar o seu equivalente contemporâneo?
Artistas, designers e sociólogos a experimentam todos os dias; romancistas, fotógrafos e cineastas se inspiram dela continuamente; caçadores de tendências, arquitetos e publicitários há muito a compreenderam; as ondas da moda, do luxo e do underground misturados são seus amplificadores: é na rua que parece acontecer, ao mesmo tempo, as mudanças culturais, as vibrações emocionais e os fervilhamentos societais mais significativos deste início de milênio. O sucesso das Nuits Blanches e dos desfiles urbanos, da Love Parade à Techno Parade, passando pela Gay Pride, mostram seu aspecto festivo; a vitalidade dos mercados, das vendas de garagem e dos mercados de pulgas - como o retorno às ruas comerciais em detrimento dos centros comerciais - enfatizam a sinergia que ela secreta entre o comércio dos afetos e aquele dos bens; a proliferação da street food, dos piqueniques, dos diners en blanc e outras formas de comer ao mesmo tempo em que se caminha a transfiguram em mesa à ceu aberto; o triunfo da arte de rua, do hip hop e do rap são os sinais evidentes de seu poder estético, entre a alegria de viver, a anomia e a subversão; a geolocalização, as redes sociais e as street views, bem como todas as invocações ligadas à cidade aumentada, seguem-na e amplificam-na... Se a rua sempre foi um ponto de encontro, um local público, agora ela também é um lugar de vida privada, bem como ela penetra, de várias formas, nos interiores. A rua é por excelência a cena da vida cotidiana. Lugar total para onde tudo conflui: riqueza e pobreza, crimes e distrações, mendigos e traficantes de drogas, loucos e pregadores, malabaristas e políticos, prostitutas e hipsters; laboratório onde a moda se renova, território onde a energia social circula, espaço onde se desdobram as liberdades da noite, o trágico da vida e as compras do dia, a rua é palco de um mundo onde obras e espectadores, sujeitos e objetos, cidades e corpos, avant-gardes e massa, íntimo e público (extime) se misturam.
Que beijos secretos e complôs foram impressos nas chapas das ruas? Cientistas, estudiosos, pesquisadores de todas as disciplinas, urbanistas e arquitetos, designers e artistas gráficos, músicos, poetas, contadores de histórias, dramaturgos, pintores e fotógrafos, digam-nos! Quem são, entre os transeuntes, os flaneurs, os dandys, os vagabundos, os ciclistas, os artistas e todas as figuras do comum e da extravagância, os novos protagonistas dessa rua material e imaterial ao mesmo tempo, sensível, onírica, física e eletrônica? De quais ambientes, de quais ambiâncias e de quais tragédias eles são causa e efeito? Qual é o texto de suas vidas? De qual viver junto eles anunciam o nascimento? Para seu oitavo número, a Cahiers convida a respirar o ar carregado de miasmas da rua e o ar libertador da cidade.

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