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    Maria a publié dans Les Cahiers

    • cei10_mariafonzino

      Les fantômes de Pina Bausch

      Déconstruire, se surprendre, faire moins et creuser, creuser encore pour aller plus loin. Faire du silence dans le mouvement, moins de bruit sur le plancher, pour que la danse de l’âme puisse surgir. Ce qui peut avoir lieu à la tombée de la nuit, quand le travail est achevé et quand toute personne peut se rendre à la danse. Le monde de la nuit que Pina Bausch a raconté est celui des milongas argentines, des cafés des soirées arrosées entre amis, quand la danse se déchaîne et quand les corps et la parole se libèrent. Rire, rencontrer l’autre, essayer toutes les formes possibles à deux. Vivre l’être-ensemble dans la danse universelle qui relie toute l’humanité : la marche. Et regarder, bien au-delà de la scène, la danse de la réalité, source perpétuelle de création. L’héritage de Pina Bausch est riche, un véritable trésor de réflexions pour s’émouvoir en découvrant la profondeur, la fragilité et la réalité de l’être dansant.

    La nuit

    Selon la mythologie nordique, la fin des temps viendra quand Fenrir détruira le soleil. Nos civilisations redoutent la fin de leurs lumières : chaque nuit est une menace d’éternité, disait Bachelard. Mais elles prospèrent aussi en elles. Tout « entre chien et loup » est un refuge pour les espèces sauvages, les barbares et les anomiques. Un moment de grandes permissions, de dépenses, d’excès et de licences de vivre. La nuit sait accueillir. Sociologues, anthropologues, écrivains, photographes, illustrateurs, peintres, clubbers, poètes, couche-tards, dormeurs, rêveurs, graffeurs, cataphiles, midnight snackers, somnambules, portes-lanternes ajoutent leur encre aux pages encore blanches du 10e numéro des Cahiers européens de l’imaginaire. Levez vos couvre-feu !