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    Michaël V. Dandrieux est sociologue de l’imaginaire. Il a co-fondé Eranos, un cabinet de recherche et de conseil qui se voue à réconcilier l’entreprise et la société, et enseigne à Sciences Po Paris (École de Management et d’Innovation). Directeur éditorial des Cahiers Européens de l’Imaginaire, avec Vincenzo Susca, depuis 2008, son travail porte sur les rationalités apparemment irrationnelles qui structurent la vie en société : le rêve, la confiance, l’espoir.

    Michaël V. a publié dans Les Cahiers

    • cei6_michaelvdandrieux

      Plénitude & songes creux

      Le rêve est l’objet de tous les soupçons et de toutes les projections : le mensonge y côtoie la nature oraculaire. Trompeur, il est aussi prophétique. Pure invention de l’esprit, on cherche pourtant à en tirer des augures communes. Chaque rêve est-il unique, et chaque image rêvée perdue à jamais comme les configurations du kaléidoscope ? Ou est-il possible de tirer de l’expérience quotidienne du rêve, quelques indices sur l’âme de l’époque ?

    • cei5_michaelvdandrieux

      Pourquoi prend-on nos assiettes en photo ?

      Pas un jour sur Internet sans qu'un kaffir, de l'épeautre ou un hochepot de lapin ne nous porte l'eau à la bouche. Pratique issue de la démocratisation de l’appareil photo, la publication d’images de plats sur Internet bénéficie aussi de la levée de pudeur des réseaux sociaux : il y a sûrement, dans nos amis, quelqu’un qui s’intéresse à ce que nous mangeons. Petit arrangement avec le temps qui passe et grand partage qui se joue des géographies, dans chaque crème brûlée se cache aussi le projet secret d’être avalé par le Réseau.

    • cei4_michaelvdandrieux

      L'amitié

      Dans un temps infini et à un homme infini il arrive toutes choses : l’émerveillement, la dette, les erreurs contradictoires, la traversée sur tous les ponts de tous les fleuves. A nous qui ne sommes ni éternels, ni hypothétiques, il reste à choisir ou à accueillir quelques unes de ces choses. Pas toutes, quelques unes. L'amitié, qui relie les poésies de Coleridge et de Wordthworth, le vieil homme et la mer, tous les livres et tous les lecteurs qui en tournent les pages ; l'amitié qui relie cela, est l'une de ces choses.

    • cei3_michaelvdandrieux-aurelienfouillet

      Les arts divinatoires de l'abbé Migne

      En 1846, dans le quatorzième arrondissement de Paris (où subsista, malgré l’incendie de 1863 dont les causes sont inconnues, les Ateliers Catholiques du Petit Montrouge), l’Abbé Migne publia son dictionnaire des idées superstitieuses, qui est un répertoire universel des êtres, des livres, des faits et des choses qui tiennent aux apparitions, aux divinations, à la magie, au commerce de l’enfer, aux démons, aux sorciers, aux sciences occultes, aux grimoires, à la cabale, aux esprits élémentaires, au grand œuvre, aux prodiges, aux erreurs, aux préjugés, aux impostures, aux arts des bohémiens, aux superstitions diverses, aux contes populaires, aux pronostics et généralement à toutes les fausses croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses ou surnaturelles.

    • cei2_michaelvdandrieux

      L’or de Getulico Romanò

      Cet homme, dit le client, fut autrefois un riche propriétaire terrien. Le plus riche de cette région et de celles que peuvent traverser dix ans d’errance. Encore aujourd’hui sa maison est plus grande qu’un pays et son territoire est plus grand que le monde. Mais c’est aussi un vagabond à l’abri du vol et de la truanderie, car son trésor est maudit. Désormais, il souhaite qu’on l’oublie et cela le rend encore plus dangereux. Si tu ne connais pas son histoire, ce soir tu risques ta vie.

    • cei1_michaelvdandrieux

      L’Étranger

      C’était la nuit. Des bols remplis d’eau, sur les tables que nous avions sorties par les fenêtres, retenaient les étoiles et la fraîcheur. Kanykeï promenait autour d’elle des regards tranquilles. Je l’entendis qui demandait un fruit, puis elle se tourna vers moi et nous échangeâmes nos yeux. Sur le carreau d’une fenêtre, il y avait de nombreux morceaux de nappes décolorés, des mots de remerciement dans de nombreuses langues, des trigrammes et des promesses d’amour, qui dataient d’autres midis de siestes et d’autres soirs de ferveur. L’un d’eux portait son écriture. Elle s’approcha en lisant et me dit : « comme j’ai de la chance d’être déjà venue ici et d’y avoir passé une si bonne soirée ».

    Michaël V. a photographié pour Les Cahiers

    • cei6_raphaeljosset

      L'éternelle querelle des anciens et des modernes

      De la Fama Fraternitatis aux Protocoles des Sages de Sion, le faux et son usage alimentent
      depuis plusieurs siècles les péripéties de l'éternelle querelle des anciens et des modernes
      jusqu'au déploiement planétaire, par réseaux interposés, du suspicieux imaginaire
      conspirationniste de nos sociétés de l'information contemporaines.

    • cei6_helenestrohl

      La vraie cuisine est celle qui fait rêver

      C'est au travers de la cuisine que l'on revient le mieux sur les distinctions classiques du
      vrai et du faux, de l’authentique et du sincère. Du Hachis Ho-Chi-Minh à la tarte Tatin, des
      souhaits aux cadeaux : voici comment se déploie le fake dans la vie quotidienne de nos
      cuisines. Nous livrant une recette de tarte Tatin aux mangues, l’écrivaine nous invite à
      nous interroger sur ce qui fait la “vraie” popote.

    • cei6_amandadennis

      After the dream

      This story, like every story, is a seduction. Se + ducere. To be led astray, away from the true path in error. So you must wander, errantly, deviate from the straight line of a life that begins when it began and ends the day of your death. De + via is where all stories begin.

    • cei6_ronanmacdubhghaill

      Savoir d'où l'on vient et savoir où l'on va

      Depuis la modernité, la nation est la forme primaire par laquelle on
      s’identifie, et par laquelle l’on est identifié. D’ autres formes d’identité
      sociale tendent cependant à la concurrencer : identités régionales, contrées
      ou régions imaginaires ou virtuelles. La multiplication et la fragmentation
      des identités témoignent de l’émergence d’un polymorphisme dans la
      société contemporaine, indicatif de la socialité postmoderne.

    • cei6_fabiolarocca

      L'illusion architecturale entre rêve et réalité

      Le simulacre architectural, l’utopie, la disneysation du territoire urbain, le rêve onirique
      à l’ère des métropoles contemporaines : de Learning from Las Vegas à « Dubaï n'existe pas ! »
      on voyagera dans les méandres de l’imaginaire d’un Dreamland global.

    • cei6_raymondsanquer

      Miksbabililo

      L’espéranto est incroyable d’intérêt pour les enfants. On peut inventer des mots, bricoler. Par exemple, en français il n’y a pas un mot simple pour dire « pour toutes les raisons imaginables »

    • cei6_stephanehugon

      Petite ontologie du fake

      Sauver Venise de ce que d’aucuns appelleraient une dérive due notamment au
      tourisme et à la production de vrais faux masques, gondoliers… n’a pas de sens.
      Car, le point de contact du vrai et du faux – le fake, enfin ! – est précisément
      ce moment de l’existence où le promeneur révèle le lieu par l’expérience
      qu’il en fait – comme l’on dirait de l’invention d’un trésor.

    • cei6_michelmaffesoli

      Dévoiler un réel chatoyant

      L’occidentalisation du monde a été analysée de divers points de vue. C’est de cet ordonnancement de la Réalité, concocté en Europe dans la foulée de la philosophie des Lumières, que nous vient notre conception de la Vérité. Du Dieu Un de la tradition sémitique à une Vérité unique, le pas fut vite franchi, qui assura d’ailleurs à la civilisation occidentale la performativité que l’on sait. Mais cela n’est pas une fatalité historique : le Réel, dont la fin est peut-être la variété, dévoile ailleurs, mais aussi sous nos yeux, un relativisme du savoir riche, fertile et véritable.

    • cei5_michelmaffesoli

      Laudatio

      Le 12 décembre 2012 Gilbert Durand a été accompagné à sa dernière demeure dans le petit cimetière de Moye en Savoie. Michel Maffesoli, co-fondateur avec Gilbert Durand des Cahiers de l’imaginaire, Directeur du Centre de Recherche sur l’Imaginaire, ami de Durand depuis le temps où celui-ci dirigea sa thèse de troisième cycle, puis sa thèse d’Etat, a prononcé en son nom et en celui de tous les membres du Ceaq et des autres laboratoires rattachés au CRI l’éloge funèbre rendu au grand professeur d’anthropologie sociale et culturelle que fut Gilbert Durand.

    • cei5_fleurgodart

      Le menu des tabous

      L’homme ne peut s’empêcher d’attribuer un sens à ce qui l’environne. Ce qu’il mange, ce qu’il boit, peut acquérir une telle valeur symbolique, que certains aliments brillent de la marque du sacré. Et le sacré ne suscite pas seulement l’adoration. Il entraîne aussi la peur et déchaîne le jeu des interdictions. Voyage au pays des peurs alimentaires...

    • cei5_pierreedouardbuilly

      Une soupe populaire identitaire

      La « soupe au cochon » ne peut-elle être aujourd’hui que le plat convivial et gourmand que nos papilles imaginent ? Depuis une dizaine d’années, la « soupe au cochon » est une métonymie : vingt, puis trente et bientôt quarante personnes se rassemblent au pied de la Tour Montparnasse pour l’avaler. La « soupe au cochon » est en fait le rassemblement dînatoire qui se fait autour de la soupe au cochon ; une soupe populaire d’un genre particulier puisqu’elle n’est pas ouverte à tous. Soupe de riches ? Pas vraiment. Mais pour entrer dans le cercle, il faut « montrer patte blanche » : être un mangeur de cochon. C’est une « soupe populaire identitaire ».

    • cei5_timjohnston

      It's like home

      Pour moi, le meilleur des compliments qu’on peut faire au Juveniles, c’est de dire qu’on s’y sent chez soi.

    • cei5_ronanmacdubhghaill

      “Oroce dhu”: for fear of the foggy dew

      Dans presque toutes les villes du monde, tard le vendredi soir ou tôt le samedi matin, si d’aventure vous passez devant un pub irlandais, vous ne pourrez qu’être frappé par les affoulements effrénés qui ont lieu à l’intérieur. Les deux principales exportations de l’île d’émeraude, si l’on omet sa population, sont certainement la noirceur de sa bière et celle de sa langue, en poésie, en chanson et en prose ; et la combinaison de ces deux éléments s’avère une bonne recette d’excès. Etant donné les représentations qui dominent, l’on serait pardonné de croire que les irlandais se résument à une joyeuse bande d’ivrognes écumant les bars de la planète. Sous cette forme bruyante de convivialité, derrière cet excès, l’on trouve le résidu de quelque chose d’autre : une tristesse certaine.

    • cei5_helenestrohl

      Gastronomie, gastrosophie, le mystère des goûts

      La Gastronomie prescrit et pèse, elle offre des recettes bien normées. La gastrosophie, au contraire, s’inscrit dans la vie quotidienne, elle est essai et remémoration, partage communautaire et épuisement dans l’instant. Manger ensemble, cuisiner pour les autres, partager ses recettes, autant de facettes de notre présence ancestrale et actuelle au monde.

    • cei5_stephanehugon

      Dieu seul sait attendre

      On le sait bien, c3est sur le mollet de l'oeuf que se joue l'étoile.On sait aussi que le poisson doit rester très légèrement translucide, presque mouillé, pour être servi. De même que certaines sauces n’admettent pas qu’on les quitte des yeux, et nous intiment à une dévotion, comme en apnée. Le croquant des pois, celui des légumes verts : un instant suffit, puis ce serait l'anéantissement. Une bonne mesure sait distinguer l’artifice du pas-assez – une vie suffit à peine pour l’apprendre. La cuisine est une disposition de l’esprit, une sorte de tranquillité intérieure — l’on ne fait rien de bien lorsqu’on est pressé.

    • cei5_michelmaffesoli

      Une éthique de l’esthétique

      Au lieu de ne considérer cette vie-ci que comme pure aliénation, les activités matérielles vouées à la reproduction de la force de travail comme une exploitation, plutôt que d’investir dans des économies et dans des actions politiques censées préparer un monde futur où couleront le lait et le miel, l’intérêt pour la cuisine, le réinvestissement du goût, des repas communs, des échanges de recettes et d’adresses est la manifestation même du présentéisme qui caractérise la société actuelle. Manger et boire ensemble c’est retrouver l’âme du monde, celle qu’on sent également dans la sensibilité écologique, dans la religiosité ambiante, dans les résurgences mystiques. Une activité quotidienne qui est aussi, véritablement, un ciment de l’être ensemble, une éthique de l’esthétique

    • cei4_michaelvdandrieux

      L'amitié

      Dans un temps infini et à un homme infini il arrive toutes choses : l’émerveillement, la dette, les erreurs contradictoires, la traversée sur tous les ponts de tous les fleuves. A nous qui ne sommes ni éternels, ni hypothétiques, il reste à choisir ou à accueillir quelques unes de ces choses. Pas toutes, quelques unes. L'amitié, qui relie les poésies de Coleridge et de Wordthworth, le vieil homme et la mer, tous les livres et tous les lecteurs qui en tournent les pages ; l'amitié qui relie cela, est l'une de ces choses.

    • cei4_michelmaffesoli

      Un "être-amoureux" illimité

      L’érotique sociale revèle que derrière la raison ergoteuse existe une force instinctuelle : la puissance de la vie. Il s’agit de toutes ces causes non-rationnelles, qu’elles soient spirituelles, sociales, ethniques, éducationnelles, qui arrivent à leurs fins par des opérations psychiques autres que le raisonnement. En usant de la langue des oiseaux, on pourrait dire que ces manières de faire “résonnent” plus qu’elles ne raisonnent.

    • cei3_helenestrohl

      Le robot, ou la réhabilitation de la tradition en cuisine

      Je dois dire que j’aime encore faire la crème anglaise, la sauce béarnaise et même la sauce béchamel à la main, dans une casserole de cuivre, en tournant avec une cuillère en bois. Parce que je n’aime pas concéder à Kchef, un robot de cuisine, la jouissance de ce moment particulier qu’est la transition du liquide au solide. La petite peur qu’on ressent à chaque fois, car c’est le moment où la mixture peut tourner, souvent avant cela l’impatience, puis la jouissance totale, quand on sent, sous la cuillère la crème se lisser, la sauce se solidifier.

    • cei3_fabiolarocca

      Culture techno-objectale et nouvel esprit de l’humanité

      Dans une optique climatologique, les objets s’affirment comme catalyseur d’un esprit et d’un style caractérisant l’existence au quotidien. Entre ancien et nouveau, la nouvelle religiosité des objets techno-nomades est le signe d’un changement de paradigme et l’affirmation de l’être humain postmoderne qui particularise son corps à travers des extensions technologiques. Voici une nouvelle ontologie techno-objectale.

    • cei3_stephanehugon

      Soudain : la technique

      Il est une croyance commune qui nous suggère que la technique recouvre l'ensemble des objets, outils et artefacts qui nous permettent d'opérer sur le monde – c'est toute l'ambition de notre modernité. Mais il est possible qu'il n'en soit rien, et qu'il ait toujours existé une secrète continuité de la main et de l'outil, du sujet et de l'objet, et qui ferait ainsi de la technique une conséquence de quelque chose qui lui précède, qui serait le propre de l'humain, et qui anticiperait notre attraction aux objets et aux machines...

    • cei3_pierrelequeau

      La mémoire des pierres

      Dans l’Estonie actuelle, il y a ainsi encore, et peut- être même plus que jamais, des shamans qui dessinent des cartes de l’âme avec des pierres disposées en cercles traversés par des lignes orientées. Ces dispositifs, qu’ils appellent “procédé” ou “technologie”, dérivent à la fois d’une tradition “native” et du bric-à-brac new age contemporain. Au croisement de la technologie des écrans et des éléments archaïques, voici une connaissance qui explore les rites de communication avec le divin et avec les hommes, autour de cette “lithonoèse” dont a parlé Gilbert Durand, une connaissance du monde par le contact direct avec la pierre, qui, sous la main, est aussi un jour entier de soleil emmagasiné ou un jour entier de glace.

    • cei3_michelmaffesoli

      L’initiation au présent

      La technologie revêt elle aussi les atours de la postmodernité. Paradoxalement, le projet moderne du “tout technologique” s’est transformé. Si elle envahit bien notre quotidien, elle se charge aussi de magie et d’archaïsme. C’est une lecture des plis du quotidien technologique que nous livre ici Michel Maffesoli. Navigation donc, où se croisent Baudelaire, la figure mythique du Golem et la cyberculture.

    • cei2_stephanehugon

      Les Felisaz de la montagne

      Le foie gras est une intention, celle de la justesse, une fragilité.

    • cei2_vincenzosusca

      L'œuvre sans œuvre

      Le mode de vie luxueux encouragé par le capitalisme s’est enraciné dans l’imaginaire collectif au point d’en devenir consubstantiel, sautant progressivement l’intercession du modèle économique et de ses avatars. La culture contemporaine tend à abolir la séparation moderne entre l’individu et l’objet, entre le public et l’œuvre, et à conjuguer sous une même dimension,
      un corps électronique aux contours holistiques, le sujet, l’œuvre et leur intermédiaire symbolique. Au creux des réseaux, dans l’absence de contenus caractérisant la socialité électronique avec son lot de bavardages insensés, d’émotions fugaces et de pratiques joueuses, comme dans l’esthétisation diffuse des substances et des comportements banals et éphémères, l’être-là fait irruption sur la scène comme l’œuvre sans œuvre de notre temps.

    • Luxus Ludens

      Johan Huizinga (1872-1945) est le premier à nous interpeller sur la dimension culturelle fondamentale du jeu. L'homo ludens dépassant la condition de l'homo faber, tout autant que celle de l'homo sapiens. Il nous met en garde contre une erreur courante : "Dans le jeu joue un élément indépendant de l'instinct immédiat de la conservation, et qui prête à l'action un sens". Autrement dit, le jeu est superabundans. Son existence affirme radicalement l'agencement particulier du présent dans l'ordre du monde. "Les animaux peuvent jouer : ils sont donc déjà plus que des mécanismes. Nous jouons, et nous sommes conscients de jouer : nous sommes donc plus que des êtres raisonnables, car le jeu est irrationnel".

    • cei2_albertoabruzzese

      Youporn, ou le capitalisme de la chair

      Sous une forme extrême, psychophysique, Youporn impose une réflexion vouée à rompre ce qui jusqu’à aujourd’hui nous servait de modèle. C’est une observation du vide que les civilisations ont tenté de dissimuler. C’est aussi une réflexion impitoyable et réaliste sur la fissure qui s’est creusée dans l’opposition humaniste, religieuse, rationnelle et progressiste entre penser et faire.
      Youporn est une expérience charnelle, “basse” qui s’agite pourtant au fond de l’agir non seulement émotif mais aussi sapiential des phénomènes relationnels au grand jour, lesquels – de plus en plus présents – ne peuvent plus du tout être identifiés par la distinction classique et de classe entre “haut” et “bas”.

    • cei2_clementbosque

      William Beckford

      Même là, allongé sur ce qui était très probablement sonlit de mort, William Beckford aimait jouer avec la syn-taxe du français – équivalent occidental des fioritures orientales : inutile, sublime. Inutile et sublime : telle avait été,après tout, sa vie. Une vie si extraordinaire que les dames et lesgentilshommes des âges futurs, supposait-il, se demanderaient si elle avait réellement eu lieu.

    • De l'âge de pierre à nos jours

      C’est l’idée que chacun se fait de lui, qui rend le luxe si attirant et si aimable et en définitive subjectif. Il est le plus souvent rattaché à nos cinq sens : le goût, l’ouïe, l’odorat, la vue et enfin le toucher avec sa connotation sensuelle. Il est lié aux trois libidos que Pascal a si bien définies dans ses pensées : dominandi, celle du pouvoir et de la domination ; capiendi, celle de l’appréhension des objets pour soi ou pour les autres ; sentiendi, celle des sens et de la sensualité.

    • cei2_michelmaffesoli

      Le luxe nocturne de la consumation

      A l’encontre de ce qu’il est convenu de dire il y a de l’énergie dans la vie sociale. Mais il faut reconnaître, même si cela ne manque pas de chagriner nombre d’observateurs sociaux, que celle-ci s’exprime tout à la fois dans la proximité, celle de la vie quotidienne, et dans la recherche d’un hédonisme de bon aloi.

    • cei1_sergemoscovici

      Les apophatiques

      Le barbare est de ces notions qui se jouent des définitions. Et qui nécessitent, pour en parler, de croiser les regards. Rencontre avec Serge Moscovici.

    • cei1_oliviersirost

      Entre migrations saisonnières et invasions barbares

      Loin d’opposer la barbarie à la civilisation, cette notion est appréhendée ici, via une anthropologie phénoménologique du camping, comme condition de regénérescence de la société moderne. En confrontant les origines orientales de ces pratiques saisonnières aux invasions touristiques massives de notre époque, on peut tracer les contours de cet imaginaire du voyage et du barbare. Convoquant tour à tour mythes ancestraux, récits ethnographiques et productions médiatiques, on voit se dégager un réseau de sens qui permet de comprendre ces désirs effervescents de nomadisme, de fusion avec la nature, de retour à la vie sauvage, exprimés dans la barbarie civilisationnelle des migrations saisonnières.

    • cei1_lionelpourtau

      Ce que la peur des barbares veut dire

      Les discours sur la barbarie sont, dans la nébuleuse occidentale, les productions d’idéologie dominante sur le déclin. Cette labellisation permet d’expliquer pourquoi d’autres nous rattrapent: ils "trichent" en pratiquant la barbarie. Et une fois l’adverse ainsi labellisé, cela justifie l’usage de notre propre violence. En même temps, les peuples sont de moins en moins dupes. Mais comme les institutions, y compris démocratiques, se préoccupent de moins en moins des peuples, rien ne vient gripper la mécanique.

    • cei1_albertoabruzzese

      Ni avec les barbares ni avec les civilisés

      Le civilisé a besoin du barbare pour survivre et pour se renouveler. Pour être violent et instinctif, quand il le faut. Cruel, quand c’est inévitable. Bon sauvage, quand la vie civilisée devient bornée. Âme simple, quand il est fatigué de son savoir. Délire, quand sa raison l’encombre. Il en a besoin pour se purifier avec les flammes des dragons, ou bien avec des éléments primordiaux de la nature, là où l’humain vient de se détacher de la terre et de la bête. Il en a donc besoin pour être ce qu’il veut être. Et ce besoin a été vital au point d’en inventer une figure. Et au point de la placer là où elle était instrumentale : aux limites du Royaume, dans la Maison, dans le Moi, dans les formes mêmes du désir.

    • cei1_panagiotischristias

      Rage de vivre et exultation d'être

      Que nous dit aujourd'hui la poésie de Cavafy ? Nous sommes comme lui hommes d'une société qui a préféré oublier la morsure de l'humaine condition plutôt que d'y trouver de l'exaltation et de la volupté. Renoncer à l'ennui confortable pour l'inquiétude féconde, faire l'expérience de l'échec et de la tristesse, transformés en triomphe, conduisent à cette joie fugace qui donne forme à la poésie et à la philosophie. A travers la métaphore érotique, Cavafy nous livre ainsi trois séquences d'une civilisation née de la rage de vivre barbare, grandie dans l'exaltation d'être et vouée à l'effondrement d'une morale phantasmatique.

    • cei1_michelmaffesoli

      La barbarie à visage humain : les tribus postmodernes

      Les tribus postmodernes font désormais partie du paysage urbain. Ne sont-elles pas l’expression de la figure du barbare qui, régulièrement, revient afin de féconder un corps social quelque peu alangui ? Elles montrent que le propre de l’homme dans les sociétés postmodernes ne se résume point au cognitif, au rationnel, mais est bien une “complexio oppositorum” que l’on pourrait traduire par un assemblage, un tissage de choses opposées. C’est tout cela qu’il convient de savoir voir dans l’effervescence tribale contemporaine.Un tel immanentisme aboutit ainsi à une véritable transfiguration du politique.

    Michaël V. a illustré pour Les Cahiers

    • cei1_pierrelequeau

      Aurores cimmériennes

      Cimmérie a longtemps été, pour les Grecs, la terre du séjour des barbares. A chaque tentative faite pour la situer, elle semble toutefois se retirer, toujours davantage vers le nord, au-delà du nord même, jusqu’à rejoindre le principe de toute chose, en Hyperborée. Si elle réapparaît malgré tout régulièrement sous la plume des poètes, depuis le XIXe siècle, c’est que Cimmérie désigne finalement moins un lieu quelconque de l’étendue que l’espace intérieur, obscur et tumultueux, où le poème prend sa source.

    Michaël V. a traduit pour Les Cahiers

    • cei4_ignaciopadilla

      Romance de la jeune fille et du ptérodactyle

      En ce temps là, Mary Anning était encore une petite fille, si petite et si fragile que l’on craignait de s’approcher d’elle, comme si un soupir aurait suffit à la démantibuler. Les seules marques visibles de ses excursions journalières vers la digue se trouvaient sur ses genoux qui dépassaient du biais de sa robe, et laissaient paraître les cicatrices qu’une enfance passée entre les vagues, les falaises pointues et les fossiles millénaires avaient tatoués comme une carte. Peu avant de faire sa connaissance, et alors que je l’attendais chez elle, je demandai à sa mère si elle n’était pas tourmentée par l’idée que sa fille pouvait être victime, un jour, d’un accident en bas des rochers, que sais-je, qu’elle se brisât une jambe ou bien qu’elle se fît piéger par les marées, incapable de remonter le mur de pierre sauvage qui, apparemment, avait déjà fait payer cher son imprudence à plus d’un nageur expert. Quand elle entendit cela, la femme me demanda de but en blanc si j’avais des enfants. Je lui répondis que non et elle sourit, satisfaite par la simplicité de son argument. Puis elle me tendit un cahier où sa fille avait dessiné les portraits de ses dernières trouvailles et s’en alla s’asseoir à coté de la fenêtre, sans autre forme de procès.

    • cei3_derrickdekerckhove

      McLuhan aujourd’hui

      Du village global à l'immanence du monde, McLuhan apparaît comme un visionnaire. Poète de l'électricité, de sa fulgurance et de sa rapidité, il apparaît comme l'instantané contemporain de William Blake... Hyperpertinent, il nous pousse à repenser l'humanité comme surface tactile, rappelant l'expérience de la chair décrite par Merleau-Ponty.

    • cei1_zygmuntbauman

      Le spectre de la barbarie, de la Grèce à nos jours

      Les barbares sont d’abord les habitants des régions limitrophes, simplement étrangères et voisines. L’impossibilité de communiquer nous éloigne, l’impossibilité de prévoir leurs stratégies et leurs coutumes nous fait peur. Depuis la Grèce antique, le barbare est devenu un inférieur que l’homme blanc des Lumières tenta de cultiver, puis l’ennemi qui justifiait le recours à toutes les violences. Une histoire de la peur et de l’incompréhension, de l’antiquité à Gantanamo, par la Grande Guerre et les jeux vidéo.

    La nuit

    Selon la mythologie nordique, la fin des temps viendra quand Fenrir détruira le soleil. Nos civilisations redoutent la fin de leurs lumières : chaque nuit est une menace d’éternité, disait Bachelard. Mais elles prospèrent aussi en elles. Tout « entre chien et loup » est un refuge pour les espèces sauvages, les barbares et les anomiques. Un moment de grandes permissions, de dépenses, d’excès et de licences de vivre. La nuit sait accueillir. Sociologues, anthropologues, écrivains, photographes, illustrateurs, peintres, clubbers, poètes, couche-tards, dormeurs, rêveurs, graffeurs, cataphiles, midnight snackers, somnambules, portes-lanternes ajoutent leur encre aux pages encore blanches du 10e numéro des Cahiers européens de l’imaginaire. Levez vos couvre-feu !