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    Ugo Batini est Professeur de philosophie à Chartres et en CPGE économiques et commerciales à Paris. Spécialisé dans l’idéalisme allemand, il a participé à la nouvelle édition du _Monde comme volonté et représentation_ de Schopenhauer chez Gallimard et codirige une collection d’ouvrages philosophiques aux éditions Ellipses où il a publié un essai sur la pensée de Schopenhauer ainsi que de nombreux collectifs abordant de manière pluridisciplinaire des notions clefs de la philosophie.

    a publié dans Les Cahiers

    • Batman : déconstruire le crime

      Le succès immédiat des comics dès l’entre-deux-guerres s’explique en grande partie par le miroir que ceux-ci tendent à leurs jeunes lecteurs. Derrière les héros de papier ce sont les attentes et les doutes face à un rêve qui ne semble pas complètement tenir ses promesses qui transparaissent. Les buildings rutilants de la Metropolis de Superman ont alors bien du mal à occulter le tracé labyrinthique des rues de Gotham qui décrivent dans la chair même de la ville la vie de ses habitants. Lieu de désespérance autant que de renaissance, la rue devient le dernier endroit où un possible peut advenir. Le Batman, né sur les pavés sanglants de Park Row, incarne la fragilité d’un tel devenir qui peut enfanter aussi bien une chimère que commencer à panser les stigmates d’une société dévorée par la révolution industrielle.

    La nuit

    Selon la mythologie nordique, la fin des temps viendra quand Fenrir détruira le soleil. Nos civilisations redoutent la fin de leurs lumières : chaque nuit est une menace d’éternité, disait Bachelard. Mais elles prospèrent aussi en elles. Tout « entre chien et loup » est un refuge pour les espèces sauvages, les barbares et les anomiques. Un moment de grandes permissions, de dépenses, d’excès et de licences de vivre. La nuit sait accueillir. Sociologues, anthropologues, écrivains, photographes, illustrateurs, peintres, clubbers, poètes, couche-tards, dormeurs, rêveurs, graffeurs, cataphiles, midnight snackers, somnambules, portes-lanternes ajoutent leur encre aux pages encore blanches du 10e numéro des Cahiers européens de l’imaginaire. Levez vos couvre-feu !